dimanche 13 mars 2016

Une lecture pour en finir avec le snobisme du vin

La découverte des vins est de plus en plus accessible auprès d’un large public.  Auparavant le vin était davantage (voir trop) associé à une certaine élite, voir même un monde beaucoup plus snob que noble.  Imaginez d’avoir été un acteur privilégié de ces changements de mentalité sur une période de plus de 40 ans. C’est pourtant ce qu’a vécu Jacques Orhon, connu comme étant le globe-trotter du vin.  

Ce sympathique monsieur que j’ai rencontré pour la première fois l’été dernier à Chicoutimi lors du Festival des vins du Saguenay n’en est pas à ses premiers pas dans le monde du divin nectar de la vigne.  Il était spécialement fier de me partager qu’il tablait sur un livre à être publié sous peu chez les libraires.  Son plus récent opus Le Vin Snob est d’ailleurs disponible depuis novembre dernier. J’ai récemment eu le bonheur de mettre la main sur ce bouquin et je n’ai pas tardé à me plonger dans la lecture d’un couvert à l’autre.

Ce français d’origine, installé au Québec depuis l’année olympique montréalaise, est sommelier depuis presque toujours.  Son parcours dans le milieu impose le respect.  L’homme a œuvré à l’Hôtel La Sapinière, au prestigieux Four Seasons Hôtel d’Edmonton en Alberta, et au réputé restaurant Le Saint Trop’ à Ste Adèle. Il a fait aussi sa marque en étant à l’origine de la formation d’une grande quantité de sommeliers au Québec, en sa qualité de professeur à l’École Hôtelière des Laurentides de 1981 jusqu’à sa retraite en 2010.

Sans tambour ni trompette, c’est aussi lui qui a fondé l’Association canadienne des sommeliers professionnels et en a été son président jusqu’en 2002.  Il faut préciser qu’il a été aussi assez prolifique comme auteur avec plusieurs bons ouvrages sur le vin et figurant encore comme une référence aujourd’hui.  Par son plus récent livre, c’est un ni plus ni moins un périple à travers ses récits de voyages, d’enseignements, de rencontres et d’expériences, dans lequel il se dévoile. Il le fait avec honnêteté par le biais d’observations, réflexions et de faits concrets sur le monde du vin.

Ce virtuose du tire-bouchon est aussi maître dans l’art de raconter les choses avec des mots qui touchent la cible et qui accrochent un sourire au passage, avec des expressions qui ne trahissent pas ses racines tout en témoignant d’une vaste connaissance de la filière vin. 

En lisant certains chapitres, je me suis souvenu de ma rencontre avec un autre grand défenseur de l’approche conviviale du vin, le regretté Jules Roiseux. Ne pas trop se prendre au sérieux, voilà car c’est en fait le message de fond que Jacques tente de véhiculer dans son livre. C’est notamment pour faire en sorte que cesse cette intimidation de certains qui veulent selon lui, épater la galerie en faisant régner leur soit disant savoir et en faisant fuir ainsi les œnophiles en devenir. 

Jacques Orhon ne se gêne pas au passage pour décrier qu’il existe des bloggeurs qui font du bon travail et des blagueurs qui polluent parfois le web avec des faussetés, en véhiculant des inexactitudes ou en sombrant carrément dans le potin. Sans sombrer dans le piège de nommer des noms, la mention de cette réalité par l’auteur a le mérite de nous faire penser à certaines personnes, notamment en lisant son chapitre l’ÉcriVIN.

En fait ce qui est captivant dans son livre, c’est qu’on a l’impression de boire à la source, car il aborde une multitude de sujets allant des vins bios, l’importation privée, les primeurs, les millésimes, les producteurs, restaurateurs, l’usage du bois dans l’élaboration du vin et même la dictature des notes.  Bref plus de 250 pages qui coulent comme un Grand Cru en bonne compagnie.

Une conversation avec Jacques a le mérite d’être une rencontre avec un livre ouvert, teinté d’honnêteté avec sa bonne humeur et dans l’humour. Le Vin Snob est un clin d’œil littéraire qui permet de remettre les pendules à l’heure et de donner le goût aux gens d’oser. D’après l’auteur, les gens ont souvent peur d’exposer une ignorance imaginaire, entretenue comme il le dit si bien par des individus qui se plaisent à compliquer pour rien le jus de la treille et son environnement.

Chapeau monsieur Orhon, ce livre va trôner encore longtemps dans mes références spirituelles sur l’art de partager le vin et ses secrets.

À votre santé l’ami!

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