vendredi 2 novembre 2012

Figeac grandeur et splendeur du Cabernet à Saint-Émilion


Lors de notre passage à Saint-Émilion, plusieurs propriétés viticoles étaient dans l’attente du dévoilement du nouveau classement des grands crus de cette prestigieuse appellation.
En fait, nous avons séjourné dans cette région du 29 au 31 août dernier et le verdict a été rendu le 6 septembre suivant.   Considérant ce nouveau classement, on peut affirmer que nous avons eu la chance de visiter 4 propriétés produisant un premier grand cru  classé et un domaine produisant deux grands crus. 

Plus de 40 hectares de vignes en production
Le plus médocain des vins de Saint-Émilion
Après notre visite du Château Troplong Mondot en début d’après-midi le 29 août, nous étions attendus au Château Figeac, le plus médocain des domaines de Saint-Émilion. En fait, si c’est le Merlot qui domine habituellement dans les vins de l’appellation, dans le cas présent,  c’est le Cabernet qui règne en maître à Figeac en raison de la présence d’un sol de graves.  Figeac est aussi  le plus grand domaine viticole de Saint-Émilion avec 54 hectares dont une quarantaine en production et d’un seul tenant.   Cheval Blanc et Château Faugères possèdent chacun environ 37 hectares.   Bien qu’il y ait des graves comme en Médoc, elles ne sont pas de la même origine, car celles de Figeac proviennent du Massif centrale et datent de l’ère quaternaire.   Ce sol qui est à base de quartz aurait été déplacé par les glaciers sur une soixantaine d’hectares dans l’appellation Saint-Émilion dont 40 à Figeac et une quinzaine d’hectares chez Cheval Blanc, son illustre voisin.  Ce terroir atypique fait en sorte que Figeac a la proportion la plus élevée de Cabernet de la rive droite au sein des appellations Saint-Émilion, Pomerol et  Fronsac.  L’encépagement est constitué de 35% de Cabernet sauvignon, 35% de Cabernet franc et 30% de Merlot. On pratique une culture raisonnée chez Figeac en essayant d’être le plus respectueux possible de l’environnement. 

Figeac appartient à la même famille depuis 1892
Une époque de stabilité avec la famille Manoncourt

Château Figeac est une propriété familiale très ancienne.  En remontant vers les bâtiments techniques en compagnie de notre guide, celle-ci va nous spécifier que l’on a trouvé  des vestiges des canalisations de pierre remontant à l'époque gallo-romaine au IIème siècle. Au fil de ses derniers, le château a affronté de nombreuses guerres et fait face à plusieurs incendies.  Le château d’abord d’un style Renaissance a été remplacé par un style néo-classique.  Il est possible d’apercevoir des traces de son passé alors que subsistent des portes et fenêtres dans l'aile droite du château qui remontent au Moyen Âge.

Château Figeac appartient à la même famille depuis 1892. Thierry Manoncourt y était installé depuis 1947 jusqu'à son décès survenu le 27 août 2010.  Son gendre, le comte Éric d'Aramon, s’occupe du domaine depuis 1988 avec sa femme Laure Manoncourt. Aujourd’hui, Madame Thierry Manoncourt vit toujours au château où elle eut 4 filles et 14 petits-enfants.   La renommée du Château Figeac ne date pas d’hier  car au 18e siècle, on y faisait beaucoup de commerce avec le nord de la France et les Antilles françaises qui étaient de friands consommateurs des vins de cette propriété.  Si la famille Manoncourt a marqué le 20e siècle par sa constance, on ne peut pas affirmer la même chose pour une partie du 19e siècle, car le château a connu au moins 5 propriétaires en moins de 50 ans.

À l’avant-garde dans l’élaboration de grands vins
Nous pénétrons dans la portion des bâtiments techniques alors que nous sommes dirigés vers  la salle de réception des vendanges.  D’ailleurs, en 1971, d'importants travaux d'amélioration des techniques de vinification avec la création de caves, d'un cuvier d'acier inox et d'un grand chai à barriques ont été effectués à Figeac.  On procède à deux types de tri lorsque le raisin est amené dans la salle de réception des vendanges.  Le premier se fait manuellement, puis on utilise le tri optique depuis quelques années. Lors de la période des vendanges, on va utiliser une soixantaine de porteurs et vendangeurs.  

Le cuvier de bois
Chez Figeac, on utilise des cuves en inox et en bois pour la vinification.  Le chêne va servir pour le grand vin et on utilisera l’inox pour le second vin de la propriété appelé La Grange neuve de Figeac.  La vinification et l'élevage combinent des méthodes traditionnelles (cuvier de bois, fermentation à chapeau immergé, collage aux blancs d'œuf, etc.) et l'utilisation de techniques de pointe (presse hydraulique verticale depuis 2007). * (Wikipédia)  Autre particularité, on pratique une macération à froid pendant plusieurs jours.  Pendant la fermentation alcoolique, on va procéder à des remontages trois fois par jour et des pigeages deux fois par jour.  On fera une macération à chaud pour terminer.   Le processus en cuvaison va donc prendre de 3 à 4 semaines.  L’assemblage se fera en cuve en inox.  D’ailleurs, Château Figeac a été la 3e propriété bordelaise à utiliser cette méthode dans les années 70, alors qu’aujourd’hui, une très grande proportion le fait également.   De la dizaine de cuves auparavant, 6 avaient été remplacées l’hiver dernier. C’est donc dire qu’elles vont être utilisées pour la première fois avec le millésime 2012.

Le bois au service du vin
Ma conjointe et moi dans le chai avec le millésime 2011

Nous pénétrons ensuite dans un chai où est entreposée une grande proportion du millésime 2011.  À Figeac, on utilise un choix de pas moins de huit tonneliers pour le vieillissement des vins. Ce millésime fera place au 2012 en novembre prochain, alors que les barriques du 2011 vont se retrouver dans un autre chai. En tout,  le 2011 aura bénéficié de 18 mois d’élevage en fût neuf avant sa mise en bouteilles au château.  Chaque barrique sera utilisée une dernière fois dans l’élaboration du second vin.  Le second vin, La Grange neuve de Figeac, est produit depuis 1947.  On élabore également depuis 2006,   une cuvée spéciale soit  Le Petit Figeac mais qui est réservé en exclusivité pour un négociant.  Figeac vend 80% de sa production en primeur et livre aux négociants seulement au mois de novembre.  Cela permet au vin un repos après sa mise en bouteilles et offre de meilleures conditions pour le transport). Le 20% restant sera vendu plus tard ou gardé au château pour des dégustations, réceptions ou pour permettre aux propriétaires de faire des échanges avec d’autres propriétés.

Du rêve en bouteille

Un millésime 2003
Nous avons terminé notre visite par une dégustation du millésime 2003. Le millésime 2003 est issu d’un été caniculaire mais semble avoir profité à ce vin classique de Saint-Emilion. Un vin onctueux en bouche, des parfums d’épices, de réglisse et des notes de fruits confits s’expriment avec exotisme. Une saveur de cerise envahit le palais avec un beau complément de fruits et une texture crémeuse.   Nous terminerons notre soirée dans un restaurant de St-Émilion à boire d’autres petits trésors du terroir de cette région fabuleuse en rêvant à nos deux prochains rendez-vous du lendemain : Cheval Blanc et Angélus!

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