jeudi 11 octobre 2012

Rauzan-Ségla : la fragrance vineuse de Margaux


Après une fin de semaine à l’écart des grands châteaux pour une visite en Charente-Maritime, ma conjointe et moi reprenons la route des châteaux du Médoc.  Notre bref séjour dans la région de Saintes, près de Cognac, nous a donné l’opportunité de découvrir une autre facette de la France.  Nous quittons par le bac de Royan en naviguant sur la Gironde pour nous rendre à nouveau sur la rive gauche et ainsi rejoindre Le-Verdon-sur-Mer, situé à l'extrême Pointe du Médoc, à 100 km de Bordeaux.  Nous profitons de l’occasion pour descendre tranquillement vers le sud alors que nous faisons un bref arrêt pour marcher sur les plages sablonneuses de Soulac-sur-Mer.  Notre prochaine destination nous amène à nouveau dans l’appellation Margaux en début d’après-midi.

350 ans d'histoire pour Rauzan-Ségla
Ayant déjà visité quatre belles propriétés de l’appellation Margaux, nous avons le plaisir d’être reçus au Château Rauzan-Segla, un deuxième cru classé du Médoc qui a célébré ses 350 ans en 2011.   En fait,  c’est Pierre de Rauzan qui acquiert, en 1661, sous le règne de Louis XIV, cette propriété qui va gagner très tôt une solide réputation.  D’ailleurs, après un séjour dans le bordelais, l’ancien président des États-Unis, Thomas Jefferson, en fera une commande de plusieurs caisses. Il importe de préciser que le Château Rauzan-Gassies et le Château Rauzan-Ségla constituaient une seule et même propriété avant leur division pour des raisons successorales à la fin du 18e siècle.  C’est en 1903 que Fréderic Cruze, propriétaire de l’époque, fera construire le château actuel.  C’est l’architecte Louis Garros qui s’inspire du style périgourdin des bâtiments d’origine pour procéder à l’édification de ce dernier. 

Un parfum de renouveau

Notre visite de ce château de la région de Margaux débute par un petit tour des installations techniques avec le cuvier et le chai.  Le vignoble est opéré en culture raisonnée afin d’y accorder le plus grand respect possible à l’environnement.  Les 52 hectares de vignes de Rauzan-Ségla campent pratiquement aux portes du village de Margaux. D’ailleurs, on est à même d’apercevoir, dans certaines parcelles du vignoble, quelques-uns des châteaux les plus prestigieux de l’appellation soit Palmer et Château Margaux pour ne nommer que ces deux noms.  
Chai de Rauzan-Ségla

L’encépagement de Rauzan-Ségla est constitué de Cabernet sauvignon majoritairement avec 54%, de Merlot à 41% et du Petit verdot à 4%, tandis que le Cabernet franc est présent avec un minime de 1%.  Chaque parcelle de vignes est vinifiée séparément dans une cuve en inox thermo régulée.  Une portion de 50 à 60% de barriques neuves sera utilisée selon le millésime, pour favoriser le vieillissement des vins de Rauzan-Ségla.  Nous avons été conviés à goûter le fruit de ce travail méticuleux avec le millésime 2006 et le 2007 du grand vin.  Nous aurons aussi la chance de savourer le 2006 du Ségla qui est le second vin de la propriété.  Ce vin issu de jeunes vignes provient de l’ancien vignoble du Château Lamouroux.  Le Ségla a profité des améliorations techniques apportées à Rauzan-Ségla tant au niveau des chais que dans la vigne, suite au rachat de la propriété par la famille Wertheimer en 1994.  Cette famille est aussi propriétaire de la maison de haute couture Chanel.  Cette acquisition a amené un parfum de renouveau au domaine, avec un mandat clair de redonner les lettres de noblesse de ce château.

Quant un couturier habille les bouteilles…

Karl Lagerfeld et l'habillage du 2011
Pour souligner le 350e anniversaire du domaine et pour souligner le fabuleux millésime 2009,  Rauzan-Ségla s’est assuré de la prestigieuse collaboration du couturier, designer, photographe, et réalisateur allemand, Karl Lagerfeld, qui a  dessiné l’étiquette pour l’occasion.  Cette idée d’étiquette provient du fait qu’à son 300e anniversaire en 1961, le château avait déjà édité une étiquette originale.  En dévoilant en 2011 ce nouvel habillage d’un seul millésime, il semble que le milieu traditionnel du vin de France n’a pas été très tendre quant aux résultats.  Certains l’ont comparé à une bouteille de Beaujolais nouveau. La réception aurait été meilleure semble t-il auprès du public nord-américain.  Ce n’était pas une première expérience pour Karl Lagerfeld qui s’était penché sur le design la prestigieuse cuvée 2007 de Dom Pérignon, « Une bouteille nommée Désire ».

Le vin de Rauzan-Ségla est assurément de retour dans l’élite des châteaux de l’appellation Margaux.  Avec comme directeur technique John Kolasa, ancien directeur commercial du château Latour à Pauillac, ce second cru classé du Médoc a su retrouver sa réputation en produisant des vins remarquables et d’une qualité constante.  

Nous avons quitté la région de Margaux en milieu d’après-midi pour nous diriger vers la région de St-Estèphe pour découvrir le Château Lilian Ladouys, un domaine qui partage les mêmes propriétaires que le Château Pédesclaux.  Une visite à lire dans mon prochain récit sur Le Tire-bouchon.
On distingue aussi le Château Palmer



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