jeudi 27 septembre 2012

Giscours et du Tertre, visite de deux Grands Crus de Margaux


Notre marathon des visites dans le Bordelais en ce jeudi 23 août 2012 s’est poursuivi dans la région de Margaux où deux châteaux appartiennent à l’homme d’affaires de nationalité néerlandaise,  Éric Albada-Jelgersma. C’est grâce à notre rencontre à Las Vegas au printemps dernier avec le directeur général du Château Giscours et Château du Tertre, Monsieur Alexander Van Beek, que nous avons eu le privilège d’être reçus à ces deux propriétés de l’appellation Margaux.  En fait, nous étions au Grand Tasting Tour du Wine Spectator en mai quand nous avons fait un arrêt à la table de Monsieur Van Beek.  Après lui avoir laissé une copie de mon livre et quelques échanges par courriel, nos visites furent confirmées.

L’histoire de deux crus
L’histoire de Giscours remonte aussi loin que le XIVe siècle, mais c’est à partir de 1552 que la maison  « Guyscoutz » fût fondée par un vaste domaine et la plantation des toutes premières vignes, avec l’acquisition de Pierre de Lhomme, un riche drapier bordelais.  C’est cependant au XIXe siècle, sous l’impulsion des Promis, des Pescatore et autres Cruse que Giscours se transforme en palais néoclassique agrémenté d’un parc aux essences rares conçu par le paysagiste Eugène Bülher.  De nombreux propriétaires se succèdent au XXe siècle, jusqu'au rachat de Giscours par Nicolas Tari en 1952.  Ce dernier sera remplacé en 1970 par son fils Pierre qui poursuivra la modernisation.
L'imposant Château Giscours

Au début de l'année 1995, la direction de l'exploitation est assurée par Eric Albada Jelgersma qui a aussitôt investi dans la rénovation du vignoble et des bâtiments d'exploitation. Il s'est entouré d'une équipe renouvelée qui dirige aujourd'hui
Giscours et s'inscrit dans la continuité des générations de viticulteurs qui ont fait de ce domaine un troisième Grand Cru classé de renom. 

L’histoire du Château du Tertre,  situé à Arsac en Gironde, diffère un peu.  Classé cinquième grand cru dans la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855,  son histoire débute au moment où Thomas de Montaigne épouse Jacquette d’Arsac et devient en 1590 « seigneur des Maisons Nobles d’Arsac et du Castéra et autres en Médoc ».  Bien que le château lui-même soit construit seulement vers 1736,  plusieurs propriétaires s’y succéderont.  C’est Henri de Koenigswater qui en sera propriétaire au XIXe siècle, alors que le château accède au rang de grand  cru du bordelais. 

En 1925, le château du Tertre est acheté par Achille de Wilde, négociant belge, et conservé dans la famille jusqu'en 1952.  En 1997, Eric Albada Jelgersma rachète ce domaine où il réalise d’importants investissements afin d’en restructurer l’ensemble.

Giscours et ses caractéristiques
Lors de notre passage à Giscours, Michael Sanders sera notre guide pour l’occasion.  Il nous permettra de visiter le cuvier, le chai et nous donnera aussi plusieurs détails concernant l’élaboration des vins. Le vignoble de Giscours est composé de 60 % en Cabernet sauvignon, 32%  de Merlot, 5% de Cabernet Franc et 3 % de Petit Verdot.  Exploité sur un peu plus de 80 hectares de graves réparties sur quatre croupes distinctes, le vignoble sert à produire le grand vin du domaine et son second, La Sirène de Giscours.   
Notre guide m'explique l'importance du choix des barriques

Les vins de Giscours sont vinifiés dans des cuves en inox et en béton.  C’est toutefois à l’assemblage des cépages et dans le choix des tonneliers que l’art de l’élevage va se mettre en œuvre comme se plaît de nous l’indiquer notre guide.   Au moment de notre passage, on était sur le point d’acheminer le millésime 2010 pour la commercialisation suite à sa mise en bouteille en juillet dernier.  En fait, le cahier de charge de l’appellation Margaux autorise la commercialisation à partir du 1er septembre.   Nous avons pu admirer les barriques du 2011 qui se retrouveront en bouteille au courant de l’année prochaine et qui se retrouveront à leur tour sur le marché en septembre 2013.   Près de 1500 barriques du millésime 2011 dorment tranquillement dans le chai.  Le grand vin du domaine séjourne dans du fût de chêne français dont 50% dans du neuf, tandis que le second en utilise seulement 20%, ce qui fait en sorte qu’il y a renouvellement complet des barriques à tous les 4 ans.

Le 2011 n’est pas encore assemblé.  Il repose dans les barriques cépage par cépage et aussi en respectant les différentes parcelles du domaine.  Le choix des tonneliers est une étape aussi très importante en prévision de l’assemblage. 
Dans la salle de dégustation de Giscours

Chez Giscours, comme dans plusieurs propriétés du Médoc, on fait appel à 8 tonneliers avec des chauffes particulières.   Cette sélection est importante afin de favoriser le développement des arômes tertiaires qui vont naître et évoluer dans les barriques et ensuite en bouteilles.
Selon les types de chauffes des différents tonneliers, on obtiendra des arômes fumés, boisés,  grillés, toastés ou même aux parfums de chocolat, de clou de girofle, noix de coco, de cannelle, de torréfaction et autres.   Une équipe de 5 personnes sera impliquée dans l’élaboration du vin et dans son assemblage.   Deux œnologues, le maître de chai, le directeur et le propriétaire auront leur mot à dire dans le produit au final.   L’œnologue du Château Giscours est Éric Boissenot, tandis que Denis Dubourdieu agit comme œnologue et consultant externe.

Lors de notre visite à Giscours, nous avons été en mesure de déguster quelques millésimes du grand vin et son second.  Nous avons dégusté du 2006 et du 1998 de Château Giscours, ainsi que son second, La Sirène de Giscours, soit un 2003 et un 2005. Nous avons également été en mesure de déguster le 2005 du Château Duthil qui est vinifié par l’équipe de Giscours, mais dont le vignoble de 5 hectares est situé sur la commune du Pian Médoc, au coeur de l’appellation Haut-Médoc.  


Une visite écourtée au Château du Tertre

Les vins du Château du Tertre
Enfin, nous avions prévu une visite au Château du Tertre mais notre horaire assez chargé durant cette journée nous obligera à faire une visite beaucoup moins élaboré à cet endroit.  Notre gentille hôtesse nous a guidés, lors d’un tour éclair, dans le vignoble, dans le cuvier et dans les chais, pour ensuite nous amener à l’étape de la dégustation de ce 5e cru classé et son second vin,  soit Les Hauts du Tertre.   Nous avons goûté le Château du Tertre 2006 et son second du millésime 2003.  

Bien que nous ayons apprécié les vins présentés plus tôt au Château Giscours, je dois avouer que le style plus fin des vins du Château du Tertre m’a plu davantage.  Comme on dit, il n’y a pas de mauvais vins, surtout dans le bordelais, il y a simplement des goûts différents.

Nous quittons la région de Margaux et le Château du Tertre vers 15 h 35,  car nous avons un dernier rendez-vous en cette journée du 23 août.  Notre destination finale nous mènera vers la région de Pauillac pour une visite très attendue de Pontet Canet.  Comme le dit si bien l’une de mes bonnes amies, la misère est vraiment optionnelle. 

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