mercredi 2 mars 2011

Choisir les bons millésimes

Vous êtes depuis peu propriétaire d’un nouveau réfrigérateur pour entreposer votre vin  dans le but de faire vieillir vos meilleures bouteilles ou encore vous avez décidé de faire construire une nouvelle cave à vin dans votre maison.  L’aventure ne fait que débuter car encore faut-il trouver des vins qui auront un bon potentiel de garde.  Pour se faire il est important de reconnaître non-seulement les bonnes régions dont les vins ont des propriétés de conservation, mais aussi d’identifier les bonnes années.

C’est pourquoi il est important de se référer à certains indicateurs qui sont validés par des connaisseurs.  Un tableau des millésimes par région est un outil indispensable pour quiconque souhaite faire vieillir des vins et en profiter à son apogée. 

Ainsi vous avez probablement entendu parler de l’anticipation des amateurs de vins de Bordeaux alors que l’année 2009 est affublée de superlatifs à n’en plus finir tels que; millésime d’exception,  millésime spectaculaire et j’en passe.  L’équation est simple, si on ne récolte pas de bons raisins, on ne fait tout simplement  pas de bons vins.  C’est pourquoi plusieurs facteurs liés à la météo influencent grandement la qualité des vins provenant d’une région donnée.  Des journées chaudes associées à un automne froid, ou encore un été pluvieux avec une période automnale chaude,  peuvent produire des vins très différents.  

Ajoutons à cela l’expérience et la notoriété de certains producteurs quant aux soins de la vigne.  Par exemple, si l’année 2002 avait été très mauvaise pour les vins de Toscane et Piémont, il n’en demeure pas moins que certains producteurs comme la maison Antinori ont réussit à faire de bons vins comme le fameux Solaia (Annada Diversa) qui a obtenu une note de 87 points du Wine Spectator.  Pourtant dans le tableau des millésimes du Wine Spectator, la majorité des vins goûtés de Brunello et de Chianti ont obtenu une moyenne sous la barre des 80 points.  Dans le cas du Solaia, une note de 87 n’est pas le standard habituel pour ce vin qui ordinairement récolte 90 points et plus, dont un score de 97 à trois reprises entre 1997 et 2007.

La qualité des millésimes influence aussi une autre variable importante, soit le prix que vous aurez à payer pour vos bouteilles,  particulièrement pour les vins de Bordeaux.  C’est un facteur lié au jeu de l’offre et de la demande.  Plus le millésime est bon, plus forte devient la demande et les prix augmentent aussi grandement.   Ceux qui ont fait l’achat de vins de Bordeaux 1990, 1995, 2000 ou 2005 auront vite compris cette notion.
Par exemple pour un fameux Château Cheval Blanc, un grand vin de Saint-Émilion le Wine Spectator indique que le prix de mise en marché est de 650$ américain et la notation du vin est de 93.  Pourtant le même vin du millésime 2001 a décroché une note de 92 points du Wine Spectator mais son prix était de 215$ au moment de sa mise en marché.

Alors vous comprendrez qu’il n’est pas toujours facile de s’y retrouver et qu’il y a toujours des exceptions qui se démarquent des règles.  C’est donc important de bien s’informer avant d’acheter des bouteilles que l’on aime faire vieillir car la notion de prix n’est pas toujours justifiable.  Personnellement, je consulte des sites de référence comme le Decanter, le Wine Enthusiast, Robert Parker ou le Wine Spectator pour  orienter mes recherches et faire des achats appropriés.

Pour ma part, je prends soin de vérifier ces informations pour des régions qui offrent des vins rouges plus susceptible de bien vieillir comme  en Bordeaux avec ses appellations Margaux,  Pauillac et Saint-Émilion.  La Bourgogne et le Rhône produisent aussi de beaux vins de conservation chez nos cousins français.  En Italie, j’opte davantage pour des vins de Piémont comme le Barolo, ou encore pour des vins de Toscane comme le Brunello, le Chianti Classico ou les vins de d’appellation Bolgheri et Maremma.   Pour l’Argentine, je recherche les bons vins de Cabernet Sauvignon de Mendoza alors que pour l’Espagne je me tourne vers la Rioja ou Ribera del Duero.  En Californie,  je suis à l’affût des vins de Napa ou certaines appellations de Sonoma.   Enfin pour choisir de bonnes Shiraz je me tourne vers l’Australie et les régions de renoms telles Barossa et McLaren Vale.


Voici les millésimes récents à surveiller pour quelques régions de prédilections selon les notes attribuées par le Wine Spectator:
Bordeaux - Saint-Émilion
2006      89 points
2005      99 points
2003     94 points

Bourgogne - Côtes de Nuits
2006     91 points
2005    98 points
2003    93 points

Piémont - Italie
2005    94 points
2004    93 points
2001   95 points

Brunellodi Montalcino - Italie
2004   97 points
2001  98 points
1999  97 points


Chianti - Italie
2006  96 points
2003  91 points
2001  92 points
Rioja - Espagne
2006    88  points
2005    92 points
2004    93 points

Mendoza - Argentine
2007    88 points
2006    91 points
2003    91 points
2002   94 points

Californie -  Napa  (Cabernet)
2006   95 points
2005   92 points
2004   95 points

Barossa et McLaren Vale – Australie
2007   90 points
2005   96 points
2004  94 points


Selon cette échelle de points le Wine Spectator classe ses points de la façon suivante sur une échelle de 100 points.

95–100    Un classique
90–94      Excellent
85–89      Très bon
80–84      Bon
75–79      Médiocre
50 -74     Non-recommandé


Source : Wine spectator Online

1 commentaire:

Hélène a dit…

Bel article qui prouve que rien n'est totalement noir rien n'est totalement blanc.

C'est souvent du cas par cas, d'autant plus que l'effet millésime n'est pas le même que l'on soit en France, en Argentine ou en Afrique du Sud par exemple. Certains pays bénéficiant de températures clémentes chaque année et octroyant une bonne maturation des raisins.

Je pense aussi aux vins fabriqués qui portent la même signature année après année, qui sont manipulés, ajustés, rectifiés et qui, malgré les millésimes, arriveront toujours au même profil gustatif... mais ce ne sont pas les vins dont vous parlez pour la "garde".

Je me réjouis du communiqué de Vins de Loire nous assurant que le millésime 2010 offrira des vins à apprécier maintenant autant que des vins de garde.

Au plaisir de vous relire!

Hélène Dion