jeudi 7 juin 2007

Une verticale Barolo et Brunello

Pour les amateurs de vins italiens, le séminaire présenté mercredi soir (6 juin) à l’Hôtel Paulin aura été à la hauteur de la réputation de ces grands vins. Animé par le sommelier d’Alcool Nouveau-Brunswick, cet événement de la 11e édition du Festivin valait chaque dollars des 45 dollars qu’il fallait débourser pour y participer. Plus d’une trentaine de personnes ont donc savouré ce moment historique au Nouveau-Brunswick. Même notre sommelier, qui est en poste depuis plus de 5 ans, n’avais jamais eu l’occasion de boire ces vins dans une même soirée, puisque plusieurs vins en étaient à leur première apparition dans la province.

Pour ajouter à ces plaisirs gustatifs, la chef Karen Mersereau de l'Hôtel Paulin avait préparée des plats pour soutenir ces vins et pour nous refaire le palais. Dans notre groupe de dégustation il y avait un lot d’intéressés dont plusieurs sommeliers notamment Claude Mercier de la région d’Edmundston, Paul Leblanc de la région de Shédiac, Alain Lanteigne de Caraquet et quelques sommeliers de la Nouvelle-Écosse et St-John au Nouveau-Brunswick.

Verticale de Brunello

1-Orcia Brunello di Montalcino #8016760000374
$93.25 (Riserva 1998)
Un nez très puissant avec des arômes de torréfaction. La maturité des tannins est beaucoup plus palpable que les 4 autres vins. La finale est perceptible pendant de longues secondes

2-Antinori Pian delle Vigne Brunello #8001935001621
$65.81 (2000)
Une robe plus violacée que le Orcia. Une belle acidité pour un rouge. Arôme de café et de chêne. Riche, opulent avec un bel équilibre pour un vin de ce jeune âge.

3-Fuligni Brunello di Montalcino #726452007786
$75.83 (2000)
Nez de casis, fraise et mures, le fût de chêne très présente, les tannins sont un peu trop carrés en bouche et concentrés. Il va certainement profiter dans le cellier.


4-Poggio Antico Brunello di Montalcino #8032697880056
$74.70 (2000)
Intense arôme de mures, cerises et de bois. Les tannins laisse entrevoir un raffinement en progression, mais n’a pas encore atteint son potentiel. Un peu terreux encore mais la méthode traditionnelle demeure meilleure pour le moment que celle de son grand frère Altero qui utilise le nouveau style à l’américaine.



5-Poggio Antico Brunello di Montalcino Altero #8032697880063
$74.70 (2000)
Cerises plein le nez et arôme vanillé, avec une longue finale en bouche. Néanmoins le corps du vin est encore trop marqué par des tannins abondant à cause de fût de chêne utilisé pour sa conception. Un goût de café noir un peu amer. Donnons-lui du temps!



Commentaire généraux de la dégustation de Brunello:
Les Brunello démontrent vraiment la puissance de ces vins qui font la réputation de la Toscane. On peux pratiquement dire que la Toscane est le Bordeaux de l’Italie. Sur ces 5 produits le premier Brunello soit le Riserva 98 était plus mature et semblait s’attirer la préférence de la majorité des gens dans la salle.

Pour ma part en comparant les différents millésimes de 2000 qui gagneront certainement en souplesse au niveau des tannins avec les années, je crois que le vin d’Antinori se rapproche davantage de mes goûts. Il est moins dispendieux mais demeure une valeur sure. Avec la nourriture, ceux qui ont le plus changé en bouche sont les numéros 3 et 5. À ce chapitre le Poggio Antico Altero (no 5) est devenu mon favori…ce qui est vraiment un bel exemple de la différence entre consommer son vin avec ou sans nourriture.

Mes préférences dans l’ordre sans la nourriture: 1-2-4-3-5

Les plats du chef Karen Mersereau

· Lièvre et caille vin rouge, aux herbes et à l’ail accompagné de pommes de terre sautées.

· Casserole à l’espagnole; jambon, queue de bœuf, saucisse de proc boudin et gourganes.

· Filet de bœuf bio avec poireaux grillés, échalotes et beurre d’olives

Mes préférences dans l’ordre avec la nourriture: 5-1-2-4-3

Verticale de Barolo :
Les Barolo sont plus secs en bouche que les Brunello. Fabriqué à base du cépage nebbiolo, ce vin du Piemont s’inscrit davantage dans un style qui se rapproche des grands vins bourguignons. Au pays du Nutella et des truffes blanches d’Alba, le Barolo est considéré comme le vin des rois, ce que les gens de Toscane revendique aussi pour le Brunello.


1-Batasiolo Barolo #632738100013
$39.93 (2002)
Un nez vraiment absent, un goût faiblard pour un vin digne de porter le nom de Barolo.
Ça manque de sérieux. Un vin à petit prix pour un Barolo, mais c’est tout de même dispendieux pour un vin produit en gros volume. Le millésime 2002 est aussi un indicateur, ce fût la pire année pour les Barolo en Italie depuis fort longtemps.


2-Bongiovanni Barolo #726452005805
$60.98 (1999)
Un vin offre davantage de maturité que les autres, mais il faut dire que le millésime y ait pour beaucoup. On y retrouve des arômes de champignons, beaucoup de fruits en bouche et très certainement encore plus d’équilibre avec la bouffe.


3-Bongiovanni Barolo Pernanno #726452006475
$70.07 (2000)
Un nez truffé avec des notes de violettes. Une attaque en bouche intense qui se développe plus soyeusement avec l’arrondissement des tannins. Certainement mon préféré du lot sans la nourriture. Une finale racée et raffinée. À conserver encore pour quelques années au cellier.


4-Einaudi Barolo #726452007694
$70.07 (2001)
Les deux derniers vins de la soirée, le régulier d’Einaudi et son riserva (Cannubi) offrent sensiblement les mêmes caractéritiques au nez avec le goudron et la violette. Néanmoins le régulier est plus velouté au niveau des tannins. Toutefois il faut avouer que pour 32 dollars de plus,, le riserva promet d’être tout un vin avec le temps.



5-Einaudi Barolo Cannubi #726452007670
$102.7 (2001)
Un grand vin, un beau vin encore un peu râpeux à cause de la forte présence des tannins. Le savoir-faire d’un des plus petit et plus vieux vignoble de Barolo d’Italie. Un délice avec la nourriture, mais un peu carré encore. Le Wine spectator donne un 91 pour le riserva autant que pour le régulier, mais je suis persuadé qu’il va marquer encore des points en vieillissant. À suivre…



Mes préférences dans l’ordre sans la nourriture: 3-4-5-2-1

Les plats du chef Karen Mersereau

· Pavée de polenta grillés avec champignons sauvages de Caraquet et copeaux d’asiago

· Langue de bœuf frite servie avec sauce tomate maison


· Brochettes d’agneau épicées à la méditerranéenne sur couscous aux noix de pin grillées


Mes préférences dans l’ordre avec la nourriture: 2-5-3-4-1




En terminant je dois dire que ce fût une belle soirée et selon les organisateurs, la demande de ce séminaire dépassait largement le nombre de places disponibles. Il aurait été possible de former un 2e groupe. Chapeau au partenariat entre Alcool NB, le Festivin et l'Hôtel Paulin.

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